concertsAuftritteF.html
liensLinksF.html
accueilHomeF.html
actualitésAktuellesF.html
biographieBiografienF.html
programmesProgrammeF.html
amisVereinF.html
pressePresseF.html
contactKontaktF.html
blogBlog/Blog.html
photosFotosF.html
discographieCDsF.html
mediaMediaF.html
style



quelques considérations concernant le Quatuor Carmina,

son style et ses enregistrements


de Wendy Champney



    Ce CD constitue pour le Quatuor Carmina un projet innovateur à plus d‘un titre. L‘ensemble a déjà réalisé d‘innombrables enregistrements dédiés au répertoire pour quatuor, en fonction des critères habituels de compositeurs et de genres. Nous voulions cette fois-ci réaliser un projet à même de restituer l‘énergie de l‘un de nos concerts pris sur le vif. Ceci n‘est pas un enregistrement „live“ au sens propre du terme, mais il distille une même sensation de plaisir, d‘improvisation et de communication. Pour atteindre ce but, nous avons utilisé tous les moyens techniques à disposition, sans nous fixer de limites.


    Le programme de cet enregistrement est basé sur une série de concerts que le Quatuor Carmina a donnés avec la complicité du guitariste et luthiste Rolf Lislevand. Ce dernier dégage une présence scénique saisissante; nous avons donc opéré un choix d‘oeuvres à même de tirer parti de ce potentiel. Le ton est donné d‘entré de jeu par l‘énergie dramatique du Quatuor „Le Cavalier“ de Haydn; il devient encore plus marquant au gré des effets théâtraux du quintette de Boccherini Musique nocturne des rues de Madrid, que nous avons transcris pour quatuor à cordes et guitare. Le point culminant est atteint avec le Quintette avec guitare de Boccherini et son très populaire „Fandango“, qui procure autant de plaisir aux interprètes qu‘aux auditeurs. Notre version de l‘oeuvre met en valeur le talent d‘improvisateur de Rolf Lislevand.


    Au moment de donner ces concerts, le Quatuor Carmina se produisait sur des instruments historiques. Pour cet enregistrement, nous avons à nouveau „enfreint le règlement“ dans la mesure où nous nous produisons sur nos instruments „modernes“ standard, mais dans un style qui reflète certainement nos expériences passées sur des instruments d‘époque. Rolf Lislevand fait pour sa part usage d‘instruments baroques. Cet enregistrement constitue donc une sorte de „pont“ entre deux camps qui divisent la scène musicale classique. On pourrait même dire qu‘après un quart de siècle de carrière, nous nous plaisons toujours plus à „violer les règles“, quelles qu‘elles soient.


    La réussite de cet enregistrement dépasse en fin de compte nos espérances. Notre ingénieur du son, Christian Schmitt, est devenu un membre indispensable de notre équipe créative. L‘énergie du Quatuor „Le Cavalier“ de Haydn est aussi fraîche qu‘immédiate, alors que Rolf Lislevand a connu des moment très inspirés, improvisant devant les micros au cours du „Fandango“ (tandis que notre fidèle amie, la danseuse Nina Corti, a pris sur elle de jouer des castagnettes!). Quant aux effets théâtraux et autres bouffonneries qui jalonnent la Musique nocturne des rues de Madrid, nous laissons à l‘auditeur le soin d‘en juger l‘efficacité - mas en le priant de noter au passage le caractère mélodieux de l‘italien parlé par Signor Mauro Spano, le gardien de la villa toscane où nous avons réalisé l‘enregistrement. Nous avons conclu ce programme original avec le charmant Quatuor „Sérénade“, une page juvénile de Haydn, dont nous avons retranscrit le mouvement central de façon à intégrer la guitare en guise de touche finale.


    Nous sommes convaincus que le plaisir que nous procure cette musique charmante, associé à la beauté de la Toscane, où l‘enregistrement à été réalisé, peuvent être perçus à travers ce témoignage électronique de notre jeu. Notre souhait le plus sincère est que l‘auditeur puisse partager et ressentir les mêmes émotions.



Wendy Champney, April 2009/traduction: Michelle Bulloch




    La publication de ce disque DENON marque une date importante dans l’histoire du Quatuor Carmina. En effet, ces quatuors 1 et 2 de Béla Bartók ont joué un rôle crucial dans le développement de notre ensemble ; ils ont mûri et nous ont fait mûrir à mesure que nous avancions, jusqu’à cet enregistrement, qui paraît l’année même de notre 25ème anniversaire.


    L’un de nos tout premiers et plus importants mentors fut le grand maître hongrois Sandor Végh. Nous étudiâmes ces deux œuvres avec lui dans sa villa près de Salzburg en 1985 et 1986. Ces séances eurent une influence décisive sur le développement de notre style. Sandor Végh nous incita à aller au-delà de la beauté extérieure d’une œuvre, pour tenter de trouver une expression authentique qui jaillisse directement du cœur. S’il estimait qu’il y avait trop de joliesse ou de parfum dans tel ou tel passage, il fronçait le nez et pestait contre l’»hollywoodisation » de la musique classique ; il dissertait sur la valeur d’un style qui fût enraciné dans les traditions locales, historiques et culturelles ; il soulignait l’importance de rechercher un style profondément personnel, qui tranche sur la tendance de plus en plus marquée à l’homogénéisation, à la sonorité de plus en plus interchangeable. Sandor Végh fut un guide inappréciable pour tout notre répertoire, mais naturellement en particulier pour les quatuors de Bartók, où il sut nous rendre attentifs aux spécificités des rythmes hongrois et aux profondeurs expressives de ces œuvres géniales.


    La signature sonore du Quatuor Carmina, caractérisée par sa suavité, a trouvé une contrepartie importante grâce aux conseils de Sandor Végh, qui mettait avant tout l’accent sur l’authenticité, aux dépens, s’il le fallait, de la beauté du son. Cela dit, la douceur de notre sonorité et notre propension à déployer une palette de sons pour ainsi dire « irisée » nous rend un service signalé dans ces deux quatuors de Bartók: car ces dispositions font ressortir, dans notre interprétation de ces œuvres, un aspect impressionniste qui nous distingue de bien d’autres exécutions. On se souvient ainsi que le premier quatuor de Bartók ne fut écrit que quatre ans après celui de Ravel. Ces signes distinctifs du style Carmina – « peinture » sonore à la palette diversifiée, recherche du « dit », du geste, du « sous-texte » émotionnel intense – se manifestent, nous l’espérons, dans cet enregistrement.



Wendy Champney, Februar 2009/traduction: Bernard Fortin





    Malgré une époque comme la nôtre, où la culture tend à devenir de plus en plus globalisée et homogêne, le Quatuor Carmina tente d‘interpréter Mozart dans un style dont l‘appartenance à un lieu spécifique et à un moment concret dans l‘histoire de l‘interprétation reste facilement reconnaissable. En tant que membre américain de ce quatuor européen, cette possibilité d‘élaborer un style spécifique dans son contexte géographique et historique relève, pour moi, d‘un intérêt tout particulier.


    Dans la mesure où je me permettrais de risquer une description voulue „objective“ du style appliqué par le Quatuor Carmina en jouant Mozart – même si ma perspective doit rester, en fin de compte, forcément subjective – je commencerais par le plus évident: nous sommes les représentants d‘un style de quatuor classique européen, spécifiquement germanique. Comparé, par exemple, avec celui de nos collègues américains à l‘Ouest et de nos collègues russes à l‘Est, notre style peut être décrit comme étant plutôt articulé (comme placé sur un continuum qui s‘étend de l‘éxtrême articulé à l‘extrême legato), et plutôt parlé et dansé que chanté. En outre, si quelqu‘un tentait l‘expérience de prendre des extraits d‘enregistrements de plusieurs quatuors pour en mesurer la variation d‘intensité en décibels dans des périodes relativement courtes (disons, dix secondes), je suppose qu‘un typique quatuor d‘Europe occidentale montrerait plus de variation d‘intensité, dans l‘intervalle de temps choisi, que des quatuors provenant d‘autres régions du monde – cette même variation stylistique étant connue, de même, entrre les différentes langues du monde en ce qui concerne leurs cadences et leurs rythmes.


    Après avoir quitté les Etats-Unis, une grande partie de mon propre développement musical en Europe a consisté à apprendre ce nouvel „accent“ musical. Vingt années auparavant, certaines fins de phrase, articulées „à l‘européenne“ m‘avaient paru trop maniérées, pas assez „évidentes“. Aujourd‘hui, par contre, quand j‘écoute la façon dont des quatuors américains énoncent cette même ponctuation musicale, je trouve leur version plutôt effrontée, voir athlétique. C‘est cette diversité culturelle, cet échange, qui font qu‘un art reste toujours vivant et intéressant pour ses auditeurs.


    En tant que quatuor suisse, nous avons parfois tendance à envier à nos collègues allemands et autrichiens leur prétendu „droit de naissance“ – cette impression qu‘ils auraient hérité une certaine légitimité stylistique à l‘heure d‘interpréter Mozart, Haydn et Beethoven, les pilliers de notre répertoire. Néanmoins, je voudrais proposer ici que le Quatuor Carmina offre à ses auditeurs l‘intérêt d‘un style spécifiquement suisse - surtout dans la tradition germanique, mais intégrant (d‘une manière tout à fait suisse!) certains éléments français. En tête d‘exemple, je ferais appel à ce lustre typiquement brillant que nous nous efforçons d‘obtenir à l‘aide d‘un mouvement d‘archet rapide et d‘un vibrato généreux.


    Pour la génération de musiciens d‘europe occidentale à laquelle j‘appartiens, l‘influence la plus intéressante que nous avons subie a été celle du courant d‘interprétation historique, qui a joué un rôle vibrant et transformateur depuis les années ’60 jusqu‘à maintenant. En ce qui concerne les instruments à corde, je citerais comme éléments typiques de cette tendance, entre autres: l‘utilisation accrue de non-vibrato; l‘éxécution des rythmes pointés avec des mouvements séparés d‘arches; plus de liberté pour improviser apontanément des agréments et des petites cadences. Il n‘est pas exagéré d‘affirmer que tous les musiciens classiques de l‘Europe occidentale de ma génération ont pris parti ou bien contre, ou bien (le plus souvent) en faveur de cette puissante tendance artistique. De décenie en décennie, les effets de vatue auggmetent. Je ne doute guère que nos collègues américains, à leur tour, se trouvent en train de discuter sur le intéressantes et enrichissantes directions stylistiques possibiles qu‘ils pourraient entreprendre pour répondre à ce défi.


Ce nouvement historique nous a influencé énormément. Nous povons affirmer que nous nous sentons, en ce moment, fortement inspirés par ce foisonnement vivant que nous voyons autour de nous, et par les informations précieuses recueillies et analysées par des centaines de musicologues engagées – mais sans nous senrir limités par un certain dogme ou obligés à suivre un ensemble de règles choiseies. L‘époque actuelle est stylistiiquement teès féconde dans notre spécialité. Ces influences provocatrices, ces idées controversées, ont pu déjà suivre leur chemin pendant plusieurs décennies et se sont intégrées de différentes fa%ons  notre art, permettant ainsi la floraison de toute une série de voix individuelles et distinctes.


Wendy Champney, 2005






à propos du CD

Haydn/Boccherini

à propos du CD

Mozart

à propos du CD

Bartók

  considérations stylistiques