Grande intensité musicale et intérêt soutenu pour la fidélité stylistique à l'œuvre: telles sont les caractéristiques du Quatuor Carmina, fondé en Suisse en 1984. Dès le début, des succès spectaculaires dans des concours suscitèrent des commentaires élogieux dans la presse internationale et ouvrirent la voie à des concerts sur les grandes scènes du monde. C'est ainsi que le « Financial Times » rangea le Quatuor Carmina dans le groupe des quatuors majeurs de notre époque.
Il faut compter parmi les mentors du quatuor les Quatuors Amadeus et La Salle, ainsi que Sandor Végh et Nikolaus Harnoncourt. La collaboration avec eux fit approfondir la compréhension du quatuor pour les interprétations historiques, qui caractérisent dès lors, sans dogmatisme, et de manière toujours vivante, ses exécutions. Le répertoire du Quatuor Carmina est vaste, et inclut des raretés de toutes les époques ainsi que des œuvres de compositeurs suisses, dont Sándor Veress, Daniel Schnyder, Michael Jarrell, Paul Giger, Alfred Zimmerlin und Rolf Urs Ringger.
La collaboration avec des musiciens tels que Mitsuko Uchida, Elisabeth Leonskaja, Andreas Häfliger, Rolf Lislevand, Emmanuel Pahud, Wolfgang Meyer, Sabine Meyer, Paul Meyer, Daniel Schnyder, Veronika Hagen, Truls Mørk, Antonio Menesses, Thomas Grossenbacher, Dietrich Fischer-Dieskau, Barbara Hendricks, Olaf Bär, Wolfgang Holzmair et Xavier de Maistre a été un facteur important dans l’évolution du Quatuor Carmina.
Les enregistrements parus chez Denon suscitèrent l'admiration unanime des critiques et du public et reçurent des distinctions prestigieuses: Gramophone Award, Diapason d'Or, Choc, Prix de la critique allemande de disques, nomination au Grammy Award. L‘enregistrement des quintettes avec piano de Schumann et de Schubert (La Truite) reçut en 2008 l‘une des distinctions les plus convoitées du Japon, le Record Academy Award of Japan, comparable au Grammy américain. Sola Musica se chargea de la distribution de cet enregistrement en Europe, où il connut un très grand succès auprès des critiques dès sa parution au printemps 2009. Il fut suivi dans la même année par un enregistremen des deux premiers quatuors à cordes de Bartók (Denon) et par un programme Haydn/Boccherini avec le guitariste Rolf Lislevand (Sony). En 2010 est paru chez Sony un disc avec les quintettes pour clarinette et cordes de Brahms et de Mozart avec Sabine et Wolfgang Meyer. En 2011, le quatuor enregistrera des oeuvres de Brahms pour Denon.
Le Quatuor Carmina met à la disposition des jeunes artistes sa riche expérience ainsi que sa musicalité inimitable en enseignant à la Haute Ecole des Arts Zurichoise.
Quatuor Carmina
Débuts
A la fin des années 70, deux jeunes gens étudiaient au Conservatoire de Winterthur, Matthias Enderle le violon, et Stephan Goerner le violoncelle. Ils se connurent en faisant de la musique de chambre. Ils partirent tous deux se perfectionner aus Etats Unis: Matthias suivit l'enseignement de Franco Gulli à l'Université d'Indiana, Stephan celui de Leonard Rose à la Juilliard School. Matthias fit la connaissance de Wendy Champney, d'Ohio, qui suivait elle aussi les cours de Gulli. Ils jouèrent ensemble dans des groupes variés de musique de chambre, participèrent à l'Académie internationale Menuhin et firent des tournées de concert avec la Camerata Lysy. Entre-temps, Susanne Frank participait à Winterthur à la classe de violon de Aida Piraccini-Stucki, dont Mathias avait aussi suivi l'enseignement. Stephan s'établit ensuite à Paris, pour parfaire ses études avec Maurice Gendron. Matthias et Wendy voulaient fonder un quatuor et se mirent à chercher des partenaires. Mais leurs plans de quatuor commencèrent par le Trio Carmina, en 1982.
Premiers succès
Après quelques mois de musique ensemble, Matthias, Wendy et Stephan gagnèrent le Concours international de musique de chambre de Paris, qui leur permit de faire leurs premiers enregistrements et leur ouvrit la porte des concerts internationaux. Après de longues recherches, ils trouvèrent enfin, dans la personne de Karin Heeg, un second violon, et c'est alors que le Trio devint, en 1984, le Quatuor Carmina. A cette époque, Susanne Frank obtenait avec distinction sa virtuosité. Comme le Trio, le tout nouveau Quatuor démontra aussitôt ses qualités dans les concours. Un point culminant fut atteint lors du concours renommé Borciani, à Reggio d'Emilie, où le Carmina rallia la majorité des suffrages du jury. Pour des raisons purement formelles, le premier prix ne fut pas décerné, mais les protestations véhémentes du jury et du public firent sensation dans les medias internationaux. C'est ainsi qu'un prix que le Carmina n'obtint pas donna une impulsion formidable à sa carrière et lui valut de nombreux engagements dans l'Europe entière.
Carrière mondiale
C'est en pleine euphorie de tels débuts que Karin Heeg quitte le Quatuor, pour des raisons personnelles. Susanne Frank prend sa place de second violon en 1987. Le succès ne fait que s'accentuer. L'Europe, les Amériques, le Japon invitent le jeune quatuor, qui récolte, tant à Buenos Aires qu'à New York, tant à Hong Kong, Tokyo, Tel Aviv qu'à Londres, Berlin, Rome et Vienne les réactions enthousiastes du public et les commentaires flatteurs des critiques. En 1989 Denon conclut avec le quatuor un contrat à long terme, et le premier disque, avec des œuvres de Szymanowski, se voit déjà décerner un Gramophone Award ainsi qu'une nomination pour un Grammy à Los Angeles. Plus tard, le Prix allemand du disque et le Diapason d'Or couronnent la totalité des douze enregistrements effectués. La Schubertiade d'Hohenems, les Fêtes musicales de Bregenz et de Schwetzingen, le Festival d'Edimbourg, les Semaines musicales internationales de Lucerne, le Festival de Montreux et celui de Verbier incluent le Quatuor Carmina dans leurs programmes.
Travail intensif et développement
Cet ensemble suisse en plein succès se voit attribuer par la ville de Zürich un local de répétition. C'est là que le Quatuor Carmina acquiert un énorme répertoire, qui va de la musique pré-classique à l'époque contemporaine. Y trouvent place, à côté des grandes œuvres connues du répertoire de quatuor, des pièces moins souvent jouées, telles que les quatuors de Verdi, Puccini, Cherubini, Tschaikowski, de Arriaga, Szymanowski, Respighi et Bloch. L'époque contemporaine n'est pas oubliée, et le Quatuor Carmina donne les premières exécutions d'œuvres nouvelles, par exemple des pièces d'Alfred Zimmerlin, Rolf Urs Ringger, Daniel Schnyder, Paul Giger et Michael Jarrell.
Style et caractère
Le nom Carmina suggère, d'une part, le "Lied" – et le chant, le lyrisme, la fluidité du cantabile sont une qualité spécifique de cet ensemble – de l'autre, l'élément rhétorique, la "diction" musicale. Conjuguant ces deux facteurs, la palette sonore du Quatuor Carmina sait ainsi rendre sensible l'évolution et la mutation constantes dans le "discours" musical qu'il exprime. Au départ, les musiciens mettaient l'accent sur l'homogénéité sonore. Par la suite, ils attachèrent une importance croissante à la co-existence de quatre voix autonomes, ayant chacune leur couleur sonore spécifique. La puissance d'expression en fut d'autant renforcée. Ces exigences, qui peuvent être contradictoires en elles-mêmes, ont produit, et produisent toujours après vingt années, une "communauté" sonore véritablement inspirée, et source elle-même d'inspiration. En 2009 le Quatuor Carmina marque son 25ème anniversaire par une créativité déterminée, tant pour ce qui concerne l'expression musicale que la composition des programmes.
Idées nouvelles
Le travail sur les discours musicaux de différentes époques a confronté inévitablement le Quatuor Carmina avec les instruments dits "historiques", les cordes à boyaux et une technique de jeu qui diffèrent de ceux de notre modernité. Ce "retour" n'a pas pour objet de retrouver une vérité historique: il fournit une source de nouvelles expériences musicales, qui inspirent opportunément et renouvellent le jeu sur les instruments modernes. Dans ces conditions, le Quatuor décide à chaque fois des instruments à jouer, en fonction des caractéristiques de l'œuvre à interpréter et de la lumière qu'ils jetteront sur elle.
Instruments
Matthias Enderle joue sur un violon de Giulio Degani (Venise, 1912), Susanne Frank sur un violon d'Alexandre D'Espine (Taurini, 1830), Wendy Champney sur un alto de William T. Walls (Tampa, 1069) et Stephan Goerner sur un violoncelle de David Tecchler (Rome, 1711).
Partenaires éminents
Les rencontres fréquentes avec de nombreux musiciens contribuent beaucoup, elles aussi, à l'évolution musicale. Certes, les stimulants reçus dès le départ du Quatuor de Sándor Vegh et de Nikolaus Harnoncourt ainsi que des membres des Quatuors Amadeus et La Salle ont un effet toujours vivace, mais la collaboration avec des interprètes tels que Dietrich Fischer-Dieskau, Barbara Hendricks, Mitsuko Uchida et Antonio Meneses a laissé des traces indélébiles. Ajoutons que le Quatuor Carmina est en dialogue permanent avec des artistes tels que les clarinettistes Paul Meyer et Wolfgang Meyer, les altistes Veronika Hagen et Nora Chastain, les chanteurs Olaf Bär et Wolfgang Holzmair, le guitariste baroque Rolf Lislevand et le saxophoniste de jazz Daniel Schnyder. Le répertoire traditionnel du quatuor s'en élargit d'autant. Des contacts musicaux fort divers se nouent aussi dans le cadre du Festival "Kyburgiade" fondé par Stephan Goerner en 1991. Ainsi, à la fin de son quart de siècle, le Quatuor Carmina ne manque ni de défis ni de projets!
Quatuor Carmina
Matthias Enderle, violon
Susanne Frank, violon
Wendy Champney, alto
Stephan Goerner, violoncelle
biographie pour impression
mise à jour: 2011
Cette biographie n‘est pas destinée à être imprimée, mais doit servir uniquement à votre information.
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